« Pour nourrir l’Afrique, nous devons renforcer l’industrialisation de l’Afrique » – La BAD

 

M.Janvier Liste Kpourou Vice-président de la Banque africaine de développement (BAD)  (PHOTO: ClimateReporters/Kanzly MIDEH)
M.Janvier Liste Kpourou Vice-président de la Banque africaine de développement (BAD) (PHOTO: ClimateReporters/Kanzly MIDEH)

La Banque africaine de développement (BAD) a récemment adopté un programme ambitieux portant sur l’électrification, l’alimentation, l’industrialisation et l’intégration des marchés régionaux. Le vice-président de la Bad revient sur ces objectifs qui s’inscrivent dans les Objectifs de développement durable (Odd) fixés par les Nations Unies.

l’Entretien avec M.Janvier Liste Kpourou Vice-président de la Banque africaine de développement (BAD) en charge des programmes pays.

 CLIMATE REPORTERS: La Banque africaine de développement a élaboré sa stratégie annuelle, mais également un programme décennal qui devrait être déroulé d’ici en 2025. Pouvez-vous nous dire quelles sont les priorités de l’institution panafricaine pour le développement des pays africains?

Kpourou: Le nouveau président, qui vient de boucler sa première année à la tête de l’institution, a effectivement entamé des actions claires pour les prochaines années. D’abord, il faut électrifier le continent. Cela veut dire apporter lumière et énergie électrique à tous les Africains. Ensuite, il convient de nourrir l’Afrique et c’est le volet agricole du programme.

Il faut intégrer l’Afrique. Sans intégration, nos marchés qui sont de petites tailles ne peuvent pas réaliser les économies d’échelle et atteindre la taille critique. Par ailleurs, nous devons renforcer l’industrialisation de l’Afrique. Nous ne pouvons pas vivre sans transformer les produits agricoles que nous avons et sans créer de la valeur. C’est ce qui nous permettra de résorber le chômage et d’offrir un emploi à l’ensemble des jeunes du continent. Enfin, l’objectif est également d’améliorer la qualité de vie des Africains. Ce sont là les cinq axes qui dé- termineront les priorités et les actions de la Banque africaine de développement dans les prochaines d’années.

 CLIMATE REPORTERS: Peut-on dire que ces cinq axes s’inscrivent dans les Objectifs du développement durable (Odd) fixés par les Nations Unis?

Kpourou: Très certainement, les cinq axes que je viens d’énumérer cadrent parfaitement avec les Odd. C’est également vrai avec les objectifs des pays du continent. Pour la plupart des États africains, le problème de l’énergie est d’un enjeu crucial. Il s’agit d’avoir un mix d’énergies approprié, associant les énergies renouvelables à celles qualifiées de traditionnelles. Concernant le volet qui consiste à nourrir l’Afrique. Ce n’est pas nécessaire de rappeler que l’économie des pays africains est essentiellement basée sur le secteur agricole. Cependant, il est impératif de moderniser l’agriculture et d’en faire surtout un business.

Ceux qui s’engagent dans le secteur, doivent être conscients qu’il s’agit d’affaires à rentabiliser, donc à gérer, dé- velopper, comme n’importe quel autre business. Par conséquent, la création de valeur qui en dé- coule doit permettre de relever le niveau de vie des agriculteurs, des familles. Toute exploitation agricole doit garantir des ressources nécessaires à l’éducation des enfants, au confort et bien- être du foyer, à la santé, au déplacement, etc.

 CLIMATE REPORTERS: On parle beaucoup d’industrialisation, mais qu’est-ce que cela apporte réellement au continent?

Kpourou: S’agissant de l’industrialisation, l’objectif est évidemment de contribuer à la création d’emplois. Mais aucune industrialisation n’est possible sans énergie. Donc, il y a quelque part un lien direct entre l’industrialisation et l’énergie, de même qu’il y a un lien direct entre l’énergie et l’agro-industrie, laquelle est à la base de l’alimentation. Comme je l’ai dit tantôt, la réalisation de l’ensemble de ces objectifs doit s’inscrire dans un contexte de marché intégré, grâce notamment aux économies d’échelle.

 CLIMATE REPORTERS: Pourquoi est-il important d’avoir des marchés intégrés?

Kpourou: Produire pour un petit marché engendre des coûts marginaux trop élevés, donc pas compétitifs. Plus le marché est large, plus les coûts marginaux sont faibles. Donc, c’est un élément important. Néanmoins, il faut toujours avoir à l’esprit que tous ces axes n’ont qu’un seul objectif : améliorer le niveau de vie des Africains dans le domaine social, de l’éducation, de la santé, etc.

Concrètement, est-ce que la Banque africaine de développement favorise la réalisation de l’ensemble de ces objectifs dans les projets qu’elle finance? Laissez-moi préciser que chaque fois que nous accompagnons un projet, par exemple, en construisant une route, nous l’accompagnons d’une école, d’un centre de santé ou d’un marché. Tout cela est lié, et l’objectif ultime c’est certainement la réalisation des Odd.

Réalisé par Kanzly MIDEH

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